Afrique

L’Afrique a, tant au point de vue géomorphologique que climatique et humain, une originalité marquée ; ce continent, le second par sa superficie, 30 180 808 kilomètres carrés, s’étend de part et d’autre de l’équateur, respectivement jusqu’à 370 21´ de latitude nord (4 150 km) et 340 51´ de latitude sud (3 860 km).

Sa superficie est comprise pour 75% entre les tropiques ; les zones tempérées (méditerranéennes) n’en occupent que deux faibles marges, à l’extrême nord et à l’extrême sud. Cette masse continentale n’est pas également répartie entre les deux hémisphères : dans l’hémisphère Nord, l’Afrique s’étend au maximum, d’ouest en est, sur 7 500 kilomètres environ (presque autant que du nord au sud) ; dans l’hémisphère Sud, elle s’étend d’ouest en est sur moins de 3 750 kilomètres.

Cette dissymétrie n’est pas sans conséquence, notamment dans le domaine climatique. Par sa position en latitude, l’Afrique est marquée par la prédominance de climats chauds : mais c’est dans sa partie nord que la continentalité permet d’enregistrer les températures moyennes les plus élevées, en même temps que l’aridité la plus marquée.

Suspendue aux flancs de l’Ancien Monde comme un « gigantesque point d’interrogation » – selon la pittoresque formule de Weulersse – l’Afrique représente le quart de la surface des terres émergées.
    De tous les continents c’est à la fois le plus massif (1 400 km2 pour 10 km de côtes, contre 300 pour l’Europe) mais surtout le plus tropical et, par conséquent, le plus chaud.

S’étendant du nord au sud sur 8 000 km (de 370 21´ N. à 340 51´ S.), l’Afrique est en effet le seul continent à peu près symétriquement disposé par rapport à l’équateur qui le sépare sensiblement en deux moitiés. Si ces dernières sont de formes bien différentes, l’une « transversale » (7 500 km de Dakar au cap Guardafui) atteignant la Méditerranée, l’autre « verticale » et se terminant avec le cap des Aiguilles aux frontières du monde subantarctique, ces diversités ne parviendront pas à masquer l’ampleur et l’importance bioclimatique fondamentale des symétries intra-africaines.
  
  La structure, dans son ensemble, est simple ou, plus exactement, monotone, l’Afrique représentant dans sa quasi-totalité un « bouclier » cristallin, vieux socle précambrien arasé, plaqué par endroits de sédiments sub-horizontaux, gaufré par l’épeirogenèse de dorsales et de cuvettes, localement affecté de cassures et de venues volcaniques. Deux notables exceptions symétriques, aux deux extrémités du continent où des orogenèses véritables feront surgir les chaînes atlasiques de la Berbérie ou les plissements, beaucoup plus anciens, d’ailleurs, du Cap.

    Quant au relief, rappelons que si l’Afrique intertropicale n’a pas de hautes chaînes comparables aux Alpes, aux Andes, aux Rocheuses ou à l’Himalaya, elle a relativement peu de plaines basses : 67% de la surface totale se trouve ainsi entre 200 et 1 000 m d’altitude. Une ligne tirée de Port-Soudan à Lobito diviserait, en diagonale, le continent entre une « Afrique haute » à l’est, de l’Éthiopie au Drakensberg, et une « Afrique basse », celle de l’ouest. À l’exception du mont Cameroun (4 070 m) et de l’Atlas marocain (4 071 m), toutes les hautes montagnes d’Afrique se placent à l’est de cette ligne (Semien, 4 620 m ; Elgon, 4 315 m ; Kenya, 5 199 m ; Kilimandjaro, 5 895 m ; Meru, 4 560 m ; Ruwenzori, 5 109 m).